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Je sais que mes petits camarades du Club Digital Santé s’attendent à ce que je fasse une tribune sur Health 2.0 Europe qui a eu lieu la semaine dernière à Londres et auquel j’ai eu le plaisir d’assister.

J’espère qu’ils ne m’en voudront pas de faire cette tribune, sous forme de coup de gueule, qui n’a rien à voir avec le sujet initialement prévu.

Rien à voir ? Quoi que…

Certains d’entre eux pourraient même m’en être reconnaissants.

INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE : VERS UN NOUVEAU MODELE ?

Toutes les semaines nous avons droit à des articles nous expliquant combien le marché de la santé est en (R) évolution et que cela a un impact fort sur l’industrie pharmaceutique.

Cette semaine le LEEM, via son président Patrick ERRARD,  a annoncé que pour la première fois en 2013 le nombre d’employés de la filière médicament allait passer en dessous de la barre des 100 000 personnes.

Le changement de modèle vient surement expliquer les 26 plans de sauvegarde de l’emploi dénombrés en 2013 dans le secteur… qui viennent s’ajouter aux 27 déjà comptabilisés en 2012.

La raison en est simple pour certains. Le changement à son slogan :

BEYOND THE PILL

(Au-delà de la molécule)

Et oui la solution de santé de demain ne se limitera pas au médicament mais inclura un service, une convergence d’outils de E-santé, une vraie réflexion sur la place du patient en tant qu’acteur à part entière,…

UN NOUVEAU MODELE = UNE NOUVELLE ORGANISATION

Qui dit nouveau modèle, dit nouvelle organisation.

Et voilà qu’apparaissent les digital champions, les chefs de produit multicanal, les responsables digitaux, les directeurs E-santé ou Innovation,.. j’en passe et des meilleurs.

Et c’est très bien !

Il y a de magnifiques initiatives qui sont prises par certains laboratoires – intégrer un incubateur de startups en E santé, organiser des journées sur l’innovation avec des grands noms du web, équiper ses équipes d’objets connectés pour familiariser avec le quantifiedself, monter des partenariats pour aider les associations de patients,..autant d’idées qui sont excellentes et participent à la courbe d’apprentissage nécessaire sur le « digital » ou plus précisément sur la E-santé.

C’est la fin du « modèle unique » (ou presque) prôné et pratiqué pendant des années dans l’univers marketing des laboratoires et la porte ouverte vers de vrais services à valeur ajoutée pour les professionnels de santé et les patients.

A chacun de trouver sa voie.

LA MATURITE DIGITALE UN LEVIER DE PERFORMANCE ESSENTIEL

L’étude MIT/CapGemini sur les Digirati l’a bien montrée.

Les entreprises matures digitalement (sur ses process amont ou aval) se révèlent 26% plus profitables que leurs concurrentes, génèrent 9% de chiffre d’affaires supplémentaire par employé et affichent une valorisation boursière 12% supérieure.

Mais cette maturité passe par la montée des compétences en interne – soit par recrutement, soit par évolution des équipes déjà en place. Plus probablement par les deux…

Cela passe aussi à mon sens par une réorientation vers le CLIENT de l’ensemble de ces entreprises.

Etape essentielle mais difficile pour des laboratoires pharmaceutiques habitués à un marketing de marque et évoluant dans un marché ou les clients sont multiples : prescripteurs, dispensateurs, payeurs,..patients.

IL FAUT LIBERER LES TALENTS !

Peut-on faire reposer un enjeu aussi majeur sur l’unique apport de compétences externes –consultants ou agences ?

Bien sûr que non !

Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire appel à eux, bien entendu.

Mais ce n’est pas leur rôle de former ou éduquer leurs interlocuteurs.. et ce serait même dangereux à terme pour l’entreprise.

Il faut associer donc leurs interventions avec la montée en compétence en interne d’expertises qui permettront de construire, d’orienter, de valider les approches qui sont envisagées.

OMI_Skills-659x1024Il y a quelques jours est sortie l’étude « The state of digital talent » qui fait un état des lieux aux Etats Unis des compétences digitales en interrogeant des cadres des Fortune 500 et principales agences.

Les résultats sont en demi-teinte mais montrent combien la route est longue encore pour être satisfaits des compétences mises en œuvre sur le sujet dans des entreprises qui sont bien plus avancées que la pharma.

Suite à la publication de cette étude quelques post sont apparus :

Pharma Needs To Do More Than Attract Digital Talent” sur le blog PharmExec.com ou “Is pharma prepared for more investment in digital ?” sur Worldofdtcmarketing.com

Ils traduisent bien l’enjeu aujourd’hui pour l’industrie pharmaceutique.

Il faut encourager la formation, l’autoformation , la pratique digitale ou sociale, le développement du réseau, le benchmark… pour ceux qui en interne sont en charge d’apporter l’innovation.

C’est d’ailleurs une question majeure pour un dirigeant d’entreprise pharmaceutique aujourd’hui : comment j’encourage l’innovation parmi mes équipes marketing/vente ? quel cadre donner et quelle place laisser à l’expérimentation ? Comment capitaliser sur nos réussites…et nos échecs ?

Peut être certains lisant cela diront que je suis caricatural ou décalé… tant mieux.

Mais il n’en reste pas moins que beaucoup des interlocuteurs en charge de ces sujets que je côtoie au sein des laboratoires me disent combien il est difficile de participer à des formations ou des évènements comme Health 2.0 ou tout simplement de garder du temps pour faire une veille ou développer du réseau ou du benchmark..

Peut être faudrait il octroyer des budgets spécifiques à l’innovation et décider que les employés sur des postes innovants peuvent et doivent consacrer un pourcentage de leur temps à cette veille et formation ?

En tout cas j’ai diffusé l’image ci dessous cette semaine.. vu les réactions, beaucoup s’y sont retrouvés :

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J’étais à Londres la semaine dernière pour Health 2.0..patrie des Beatles… je pense à « Imagine »..

« Maybe I am a dreamer…. »

Digitalement vôtre

Lionel REICHARDT

Pharmageek

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