Utiliser les médicaments à bon escient, « respecter les doses prescrites », s’il paraît évident que le suivi à la lettre d’un traitement est la clé d’une prise en charge optimale de la maladie, dans la « vraie vie » la réalité est parfois différente.

pill-s-prints1Contraintes alimentaires, effets indésirables, hygiène de vie, tout ne va pas de soi quand on suit un traitement médical, notamment dans le cas d’une maladie chronique quand les prises de médicaments se font sur le long terme.

L’observance est un des concepts majeurs du bon usage du médicament, c’est le respect par le patient des prescriptions du médecin qui garantira la réussite de la prise en charge. L’observance concerne bien sûr la prise du médicament en tant que tel, le respect des doses et de leur fréquence, mais elle déborde sur des pratiques plus larges comme une hygiène de vie et une alimentation adaptées par exemple.

De nombreuses études mesurent les conséquences de la mauvaise observance, conséquences sanitaires comme les complications médicales ou encore la sélection de souches microbiennes résistantes aux antibiotiques, mais aussi conséquences économiques qui se calculent en cumul de journées d’hospitalisation potentiellement « évitables » par exemple.

« Si tu rates un train un jour, tu en prends deux le lendemain ? »

Informer sur l’observance est la première étape qui peut permettre d’éviter ces conséquences néfastes individuelles et pour la société.

Ce que font les industriels du médicament, via le Leem et sa websérie « Les médicaments à la maison », avec la tentative de faire passer le message au grand public en 1 minute 15 dans un court film où chacun pourra se reconnaître, grippé, malhabile avec les biscottes et prenant ses antibiotiques de façon un peu désinvolte.

Eduquer le patient sur la meilleure compréhension de sa maladie, des mécanismes qui la caractérisent, pathologiques ou thérapeutiques – c’est l’Education Thérapeutique du Patient (ETP) – est très certainement un facteur d’amélioration de l’observance.
Comprendre pourquoi on est malade et comment fonctionne le traitement peut améliorer l’acceptation de la prise en charge alors que l’on sait que la volonté personnelle est souvent le premier facteur de l’inobservance.

Et la eSanté dans tout ça ?

Accompagner étroitement et de manière personnalisée le patient, lui donner la maitrise du traitement au quotidien, l’impliquer dans sa gestion avec des outils qui aident à mieux le vivre font également partie de la réponse à apporter pour améliorer l’observance.
Et les acteurs de la eSanté, fournisseurs de services et technologies innovantes l’ont compris : applications mobiles, formules de coaching en ligne et sur téléphone – comme par exemple dans les traitements du VIH – piluliers « intelligents » qui rappellent quand c’est le bon moment pour prendre son traitement et permettent au pharmacien et au médecin de suivre l’observance à distance, etc.

D’autres outils et applications sont à imaginer, pourquoi pas en lien avec la tendance Quantified Self évoquée récemment par Thibaud, qui permet de prendre en main sa santé de manière toujours plus personnalisée.

Ce sont tous les acteurs de santé qui sont concernés, patients eux mêmes bien sûr, professionnels, autorités et industriels.

Parions que le futur apportera toujours plus de solutions au défi du bon usage du médicament et que la eSanté aura une place de choix dans ce cadre !

Pour aller plus loin :
Le médicament dangereux, c’est d’abord celui qu’on ne prend pas.
Observance : les nouvelles technologies sont sur le coup !

[illustration : Two Pills – Damien Hirst]

Pierre-Yves Arnoux
RCA Factory Healthcare
@pierreyves